Nous avons un système démocratique de gestion locale de l’eau basé sur les Comités de bassin, outillés par les agences de bassin.
L’administration et les utilisateurs (agriculteurs, pécheurs, consommateurs, etc.) se concertent pour établir un schéma directeur de l’aménagement et de la gestion de l’eau (SDAGE) et ça marche plutôt bien.
Mais ce bel édifice vient d’être mis à bas par un simple tweet du Premier Ministre
(voir notre article précédent sur la loi d’urgence agricole)
Les réunions des instances relatives à l’eau annulées.
Deux exemples concrets :
« Dans le cadre du moratoire décidé par le Premier ministre sur les décisions sur l’eau, la réunion de la C3P du 10 mars est annulée ». La Commission Permanente des Programmes et de la Prospective (C3P) de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, dont l’Yonne fait partie, devait se réunir à Courbevoie. Cette instance travaille sur le prochain SDAGE, mais ses membres ont reçu le mail ci-dessus le 3 mars.
C’est aussi le cas des instances locales, parmi lesquelles la Commission Locale de l’Eau du bassin de la Vilaine pourtant soutenue par une manifestation de 3000 personnes, dont les propositions de décisions, élaborées en grande concertation, représentent une avancée notable dans la protection des captages et n’ont pas encore pu être avalisées.
Ainsi par un simple tweet en date du 13 janvier 2026, le premier ministre a décidé d’un moratoire sur toutes les décisions relatives à l’eau, interrompant les travaux en cours à tous les échelons. Une nouvelle manière de légiférer et de contourner les instances locales ?
L’UFC Que Choisir BFC, comme la plupart des parties prenantes, s’étonne de cette procédure inédite où la démocratie locale, pourtant promue par la loi (notamment celle du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité), est bafouée.
L’eau potable au robinet : une priorité de santé publique
L’UFC Que Choisir rappelle sa position sur le sujet de l’eau potable : la santé des consommateurs et la protection de la biodiversité imposent de préférer la protection de la ressource en eau à son traitement. C’est cela qu’avait décidé la CLE du bassin de la Vilaine
En effet protéger les captages coûte moins cher que de traiter l‘eau. Le coût du traitement va continuer à croître car il faut éliminer de plus en plus de polluants.
Contre toute logique ce sont les pollués qui paient, pas les pollueurs.
Des exemples nombreux prouvent par ailleurs que la protection conduit à une sociabilité bien préférable : c’est le cas dans l’Yonne pour les eaux de la Vanne captées et protégées par les Eaux de Paris. La protection de la zone contre les polluants, qui fut difficile à mettre en place, est aujourd’hui unanimement saluée par toutes les parties. Bel exemple d’une consommation responsable sur les plans sanitaire et social, au juste prix, notre devise !




