UFC-Que Choisir de Saône-et-Loire

Non classé

Le marketing alimentaire

La surcharge pondérale, une maladie chronique évolutive qui diminue fortement l’espérance de vie. Le surpoids et l’obésité sont considérés comme des facteurs de risque majeurs pour de nombreuses maladies : le diabète de type II, les maladies cardiovasculaires, les maladies métaboliques, les problèmes articulaires et certains cancers.  L’obésité est aussi de plus en plus fréquente chez les enfants et les adolescents : le nombre de cas relatifs à l’obésité et au surpoids chez les enfants a été multiplié quasiment par 6 depuis les années soixante pour atteindre désormais 17 %, soit un enfant sur six !

 

  • Améliorer l’alimentation : un des deux leviers principaux des politiques de prévention

 

  • L’interdiction des publicités pour des PGSS (produits trop gras, salés ou sucrés), fait partie des politiques publiques les plus efficaces contre le surpoids et l’obésité

Ecouter la minute Conso diffusée sur Radio Bresse le 13 février 2026

De quoi parle-t-on ?

Le marketing alimentaire est un type de publicité favorisant la vente de certains aliments ou produits alimentaires. Et pas toujours les meilleurs sur le plan nutritionnel…. Et surtout une publicité destinée aux personnes les plus réceptives, les plus jeunes !

l’Agence Nationale de Sécurité des Aliments (ANSES)demande depuis 2004 (3) la suppression des confiseries aux caisses : notre enquête de septembre 2024 sur le marketing alimentaire dans la grande distribution révélait que les confiseries sont à nouveau présentes aux caisses de 86 % des magasins visités (les bénévoles de 76 associations locales de l’UFC-Que Choisir ont enquêté dans plus de 600 magasins de la grande distribution, dans 61 départements).

Chez les enfants et les adolescents, le goût est un facteur déterminant des préférences alimentaires. Il se forme au cours de la petite enfance et de l’enfance. L’exposition répétée et fréquente à la publicité alimentaire, souvent pour des aliments malsains, influence les préférences alimentaires.

Ces dernières années, l’expansion des plateformes numériques a entraîné un transfert de l’audience télévisuelle vers les médias numériques. Ceci a conduit les entreprises agroalimentaires à accroître leurs investissements dans la publicité alimentaire sur les espaces numériques.

Pour attirer un public plus jeune, les entreprises utilisent des stratégies telles que le recours à des célébrités, des promotions, des cadeaux ou incitations (par exemple, des jouets), des jeux, l’image de marque et d’autres arguments marquants tels que les performances sportives pour promouvoir leurs produits. Les adolescents sont particulièrement vulnérables aux recommandations de célébrités, aux parrainages musicaux, aux réseaux sociaux et au marketing basé sur les influenceurs pour des produits alimentaires potentiellement malsains

La Charte visant à promouvoir une alimentation et des comportements favorables à la santé dans les programmes audiovisuels, les contenus numériques et les communications commerciales, portée par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM),  prend la suite de la charte portant sur la période 2020-2024. Elle est applicable à compter du 1er janvier 2025 pour une durée de cinq ans et intègre de nouveaux acteurs volontaires (plateformes numériques, secteur de la restauration rapide, représentant des influenceurs et créateurs de contenus etc.) pour amplifier la lutte contre le surpoids et l’obésité.

Des études qualitatives menées ont confirmé le potentiel incitatif des programmes en faveur d’une bonne santé, lesquels constituent à la fois des messages de réassurance et des outils de mise en pratique.

 

 La position de l’UFC  Que Choisir

la Convention citoyenne pour le climat (CCC) a proposé d’interdire ou d’encadrer drastiquement la publicité pour les produits les plus polluants et les aliments de mauvaise qualité nutritionnelle, rejoignant une demande de longue date de l’UFC-Que Choisir.

 Les représentants du secteur de la communication entretiennent sciemment la confusion entre publicité et information – une technique classique, utilisée jusque dans la réglementation européenne (1). Affirmant que « la publicité peut être un vecteur de diffusion très efficace » d’informations, ils prétendent pouvoir apporter leur pierre à la transition écologique et encourager à un comportement plus vertueux !

Proposition d’action :

  • Les chaînes du secteur public, les représentants des plateformes numériques et autres influenceurs ont signé la charte : soyons vigilants à voir comment elle est appliquée !
  • Il faut expliquer aux plus jeunes comment fonctionne la publicité pour les PGSS : influence d’une célébrité, mise en avant des goûts appréciés tels que le sucré et l’onctuosité.
  • Il est difficile de retreindre l’accès aux publicités sur les Réseaux Sociaux pour les plus jeunes : faisons-le au moins pour la télévision ! Le moment de la pause télé, c’est celui de la publicité !!!
  • Il existe des secteurs interdits à la publicité à la télévision : les boissons alcoolisées de plus de 1.2°, le tabac, les armes à feu, les préparations alimentaires pour nourrissons, les produits phytosanitaires. Rien sur la mauvaise alimentation !
  • Depuis le 5 janvier, les produits trop gras, trop salés ou trop sucrés ne peuvent plus être mis en avant à la télévision britannique avant 21 heures. L’interdiction est même totale sur Internet. Pourquoi ne pas suivre cet exemple ?!

 

Le constat :

  • Les chaînes de télévision diffusent entre 12 à 20 min de publicité par heure
  • Les publicités pour des aliments riches en gras, sel ou sucre influencent les enfants après seulement 5 minutes d’exposition, selon fret 20 Minutes.
  • Dans son bilan du Plan national nutrition santé (PNNS) 2019-2023, le ministère de la Santé souligne qu’encore « plus d’une publicité alimentaire sur deux promeut un produit Nutri-Score D ou E» lors du principal créneau TV regardé par les enfants. 

 

En savoir plus :

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/les-dossiers-de-la-drees/240717_DD-Surpoids-Obesit%C3%A9

https://www.quechoisir.org/actualite-marketing-alimentaire-la-publicite-contre-attaque-n84391/

https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-marketing-alimentaire-dans-la-grande-distribution-halte-aux-incitations-a-la-malbouffe-n130842/

(3) Glucides et santé : Etat des lieux, évaluation et recommandations – Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments – Octobre 2004

https://www.enfant-encyclopedie.com/alimentation-enfant/selon-experts/le-temps-decran-et-linfluence-du-marketing-alimentaire-sur-les

https://www.arcom.fr/sites/default/files/2025-07/Arcom-charte-promouvoir-alimentation-comportements-favorables-sante-programmes-audiovisuels-contenus-numeriques-communications-commerciales-2025-2029.pdf